Après une thèse de géographie, obtenue en 2003, David Blanchon travaille depuis longtemps sur les thématiques de l’eau. En 2019, il rejoint l’IRL iGlobes à Tucson, Arizona. Il y est responsable d’un programme de recherche financé par le LABEX DRIHM intitulé « Tipping point and sentinels: Monitoring, interpreting and managing environmental changes in southern Arizona ».

© iGlobes

Sous la tutelle conjointe de l’Institut National des Sciences Humaines et Sociales (INSHS) et l’Institut Ecologie et Environnement (INEE) du CNRS, le laboratoire iGlobes s’intéresse aux thématiques de l’environnement, et particulièrement à la question des ressources.

De fait, les 4 champs principaux sur lesquels travaillent les chercheurs sont:

  1. les problèmes de coopération, conflits et politiques de l’eau dans les régions arides des Amériques;
  2. la question de la gouvernance des ressources naturelles dans les régions peu peuplées des Amériques;
  3. l’analyse des adaptations écologiques et sociétales et de leurs limites en réponse aux évènements climatiques extrêmes;
  4. l’influence anthropologique de la connaissance des environnements extrêmes sur Terre et dans l’univers sur notre rapport à la vie et à la nature.

Le projet rassemble le CNRS, l’ENS et University of Arizona, à Tucson, TX. Du côté français, il est dirigé par François-Michel Le Tourneau; alors que Régis Ferrière de l’University of Arizona est en charge de la direction côté américain. A noter que le laboratoire a été créé en 2008, et que la dernière convention d’une durée de 4 ans a été signée en 2018.

Quel a été votre parcours pour arriver à ce poste?

Je travaille depuis ma thèse de géographie, obtenue en 2003, sur la question de la gestion de l’eau dans les zones arides et semi-arides, plus particulièrement sur des terrains africains (Afrique du Sud, Kenya, Soudan). Mais je connaissais déjà, par des lectures, le cas de l’Ouest américain. J’avais lu les publications des chercheurs de l’UMI (Frank Poupeau, Graciela Schneier-Madanes…) et je connaissais la réputation du Water Resources Research Center de l’Université d’Arizona. Cet IRL, depuis sa fondation, a accueilli beaucoup de chercheurs spécialisés sur les questions de l’eau et elle a donc déjà crée un réseau dans lequel il est facile de s’insérer.

La délégation CNRS au sein de l’IRL iGlobes me permet donc à la fois de nouer des liens et des partenariats avec des collègues de l’Université d’Arizona et de mener des recherches en Arizona sur des thématiques semblables à celles que j’étudiais en Afrique, comme les grands aménagements hydrauliques du bassin du Colorado.

A l’heure actuelle, quelles activités menez-vous au sein du laboratoire?

Je suis en délégation CNRS pour une durée d’un an renouvelable (2019-2021). Je suis responsable d’un programme de recherche financé par le LABEX DRIHM intitulé « Tipping point and sentinels: Monitoring, interpreting and managing environmental changes in southern Arizona »

© CNRS

Ce projet, prévu pour deux ans (2019-2021), associe des chercheurs français et américains, avec plusieurs cas d’étude en Arizona : les plantes invasives, les cours d’eau et le changement climatique.

Ce projet a été conçu sans lien avec le COVID (il a été soumis en octobre 2019), mais il recoupe des thématiques proches : quels sont les signaux et indicateurs qui peuvent indiquer la présence d’un péril imminent ? Quel est le point de basculement (tipping point) entre une situation normale et catastrophique ? Quel peut être le rôle des sentinelles ? et comment les différents territoires réagissent ? Ce projet s’insère dans un des axes majeurs de l’IRL, l’Observatoire Homme Milieu International PIMA County, lui-même intégré dans un réseau international d’observatoires.

Quelle est la valeur ajoutée du travail dans un laboratoire international?

Outre la mise à disposition d’un environnement de travail complet (bureau, accès bibliothèque, matériel informatique, secrétariat) ce qui est déjà non négligeable, je vois quatre avantages de l’IRL :

  • L’intégration aux équipes de l’université d’Arizona, comme un partenaire à part entière, notamment, en ce qui me concerne, l’Udall Center, le WRRC et la School of Geography and Developement.
  • La participation à toutes les activités de l’université (conférences, séminaires, ateliers), qui sont nombreuses.
  • La réponse à des appels à communication et à appels d’offres en commun avec des collègues américains. Nous allons par exemple organiser une table ronde organisée à Mexico par le CONACYT sur la gestion des ressources en eau avec des collègues de l’Udall center après avoir répondu avec succès à un appel à communication.
  • Enfin, la possibilité d’organiser facilement des séminaires en invitant des scientifiques de l’Université d’Arizona, mais aussi des USA, du Mexique et d’ailleurs, grâce à l’appui scientifique et logistique conjoint de l’Université et du CNRS. En janvier dernier, nous avons organisé une conférence de deux jours sur les impacts des activités minières

L’IRL est donc un lieu privilégié de rencontre entre recherche française et américaine et permet des activités impossibles lors de courts séjours de quelques jours ou semaines au mieux.

A titre personnel, comment avez-vous vécu votre intégration? Recommanderiez-vous cette expérience?

L’intégration aux Tucson, grâce à l’aide de l’UMI pour les procédures de visa, a été très facile, y compris avec deux jeunes enfants. La secrétaire de l’UMI, R. Gosset, a préparé un vade-mecum d’une trentaine de pages, qui couvre tous les sujets, du logement à l’école en passant par la santé et les questions administratives, ce qui aide beaucoup dans les démarches.

L’intégration dans une petite équipe de recherche a été également très facile.

Je ne peux donc que recommander une mobilité du même type à l’UMI iGlobes. Les opportunités de travail scientifique et d’intégration dans des laboratoires de recherche de rang mondial dépassent très largement les quelques soucis pratiques liés à une expatriation.

David Blanchon