Maxime Darnon est chargé de recherche CNRS depuis 2009. Après avoir travaillé au Laboratoire des Technologies de la Microélectronique jusqu’en décembre 2014, il rejoint le Laboratoire Nanotechnologies & Nanosystèmes de Sherbrooke (Canada).

L’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique du LN2

Créé en 2012, en partenariat entre le CNRS (Institut des Sciences de l’Ingénierie et des Systèmes), l’Université de Sherbrooke, l’INSA Lyon, Centrale Lyon, CPE Lyon et l’Université Grenoble Alpes, le Laboratoire Nanotechnologies & Nanosystèmes a pour objectif de produire une recherche interdisciplinaire intégrée, dans le domaine des micro-nanotechnologies. Sous la co-direction de Michael Canva (FR) et Vincent Aimez (CAN), il accueille des recherches dans des domaines d’application très nombreux : électronique, énergie, santé, transport, technologies de l’information et de la communication, etc.

Co-responsable de l’axe Énergie, Maxime Darnon partage son expérience au LN2, de son intégration aux actualités du laboratoire.

Comment êtes-vous devenu chercheur au sein de cet IRL ?

Mes activités de recherche avant de rejoindre le LN2 étaient très spécialisées, et focalisées sur le domaine de la microélectronique. A l’occasion d’une rencontre avec le DAS en charge de mon laboratoire d’origine, j’ai entamé une démarche introspective sur les activités de recherche que je menais, et sur celles que je souhaitais conduire dans le futur. Ces réflexions m’ont amené à vouloir rediriger mes activités de recherche vers le domaine des énergies propres, qui m’est apparu comme un domaine socialement plus responsable que le développement des technologies de la microélectronique.

Mon objet de recherche principal ayant été ainsi défini, il me restait à déterminer l’environnement le plus propice à son étude. Je connaissais déjà l’existence du LN2 et m’y étais familiarisé à différentes occasions : le colloque LN2 organisé au Québec à la création du laboratoire en 2012 et auquel j’avais participé ; la rencontre avec des professeurs du LN2 lors de conférences (JNTE), l’organisation par le LN2 de workshops (entretiens Jacques Cartier sur le thème de l’énergie) et la présence de Professeur Drouin au LTM (mon laboratoire d’origine) comme professeur invité pendant quelques mois. Ces contacts m’ont convaincu de la pertinence des activités de recherche du LN2 sur le thème des énergies renouvelables, de l’adéquation de ces activités avec mes compétences, et plus généralement de la qualité de l’environnement de travail qui combine un très fort dynamisme avec des outils de recherche de très bonne qualité.

Dans ce contexte, et étant donnés mes projets personnels et familiaux de mobilité, j’ai contacté la direction du LN2 pour déclarer mon intérêt pour le laboratoire. Cette initiative a donné lieu à deux visites de quelques semaines au LN2 qui nous ont convaincus de l’intérêt de mon intégration au LN2, et à la suite desquelles j’ai déposé mon dossier de demande de mutation au CNRS.

Quelles activités menez-vous au sein du laboratoire ? Quelles sont les thématiques de recherche et les actualités du laboratoire auxquelles vous êtes intégré ?

Mes activités de recherche sont principalement liées aux développement des technologies photovoltaïques, et plus principalement des technologies de photovoltaïque à concentration.

Originellement centrées sur les procédés de micro/nano fabrication pour l’amélioration des cellules solaires, mes activités s’étendent maintenant à la fabrication et au test de modules, et l’intégration au niveau système des technologies. Je participe également à quelques activités de recherche en lien avec l’assemblage des composants micro fabriqués. Dans la mesure du possible, je cherche à intégrer les sciences humaines et sociales dans mes projets de recherche.

Je suis donc impliqué principalement dans l’axe énergie du LN2, mais également dans les axes nanoélectronique, l’axe packaging, et dans une moindre mesure l’axe Impact Usages et Société.

Je suis également impliqué dans différents aspects liés à la vie du laboratoire comme l’organisation des colloques bisannuels, l’évaluation quinquennale du laboratoire, et les visites institutionnelles.


Quelle valeur ajoutée du fait de travailler dans un International Research Lab ? Comment se traduit la coopération scientifique internationale, concrètement ?

A titre individuel comme pour le collectif qui compose le laboratoire, le travail dans un International Research Laboratory offre de nombreux avantages de tous ordres :

  • Accès à des modalités de recherche très différentes de celles qu’on connait en France ;
  • Multiplication des opportunités de financement des projets de recherche ;
  • Opportunités de collaborer avec de nombreux laboratoires Français et Québécois ;
  • Flexibilité et autonomie dans l’administration des fonds de recherche ;
  • Structure à taille humaine qui facilité la réactivité et la souplesse, mais également la visibilité des activités au sein du laboratoire et plus généralement du CNRS ;
  • État d’esprit nord-américain, ciblé vers les opportunités plutôt que vers les obstacles ;
  • Complément de salaire.

Cette expérience est une belle opportunité pour découvrir une autre culture et d’autres modes de fonctionnement qui enrichissent nos activités scientifiques.

Comment avez-vous vécu votre intégration dans la région ? Recommanderiez-vous à un.e autre chercheur.se une mobilité du même type ? Pourquoi ?

Je recommanderais sans hésiter à d’autres chercheur.se.s de saisir les opportunités de mobilité offertes par le CNRS.

L’intégration dans le laboratoire et dans la région se sont passées de façon exemplaire.

Les rencontres et discussions préliminaires avec les membres du LN2, en particulier les chercheurs en mobilité, m’ont aidé dans les questions logistiques liées à l’expatriation (immigration, recherche d’appartement, déménagements, formalités administratives).

Sur le plan professionnel, les visites préparatoires au LN2 m’ont permis d’être rapidement efficace dans mes activités, avec des activités de recherche très bien identifiées dès mon arrivée. Le « jumelage » avec un professeur québécois du LN2 est une initiative bien pensée qui nous a permis d’assurer un démarrage rapide des activités et de garantir un support à ces activités.

Enfin, l’obtention de mes fonds propres de recherche par le programme canadien de subventions à la découverte a été une étape clé à l’émancipation de mes activités de recherche au sein du LN2.