Directrice de recherche au CNRS et à l’École normale supérieure Paris-Saclay et co-directrice de l’IRP « CYLIA – Piratage de fonctions cellulaires par des pathogènes bactériens – Etudes fonctionnelles et structurales », Jacqueline Cherfils s’est vu remettre le prix Émile Jungfleisch 2019. Décerné le 15 octobre 2019 par l’Académie des Sciences, sous la tutelle de l’Institut de France, le prix d’un montant de 90 000€ vient souligner l’excellence des activités et de la carrière de la chercheuse.

Jacqueline Cherfils est une figure marquante de la biologie structurale française. Elle a d’abord acquis une expertise en mathématiques puis s’est spécialisée en biophysique en France et aux USA auprès des professeurs Martin Karplus et William Lipscomb (prix Nobel 2013 et 1976). Depuis plusieurs années, ses travaux de type étude de la structure ont pour objectif de comprendre les mécanismes par lesquels les petites enzymes GTPases et leurs régulateurs traitent l’information. Elle est notamment reconnue pour avoir résolu la première structure cristallographique d’un facteur d’échange GDP/GTP, élucidé son mécanisme d’action et découvert comment la Bréfeldine A inhibe l’échange du GDP et par voie de conséquence le trafic cellulaire. Suite à ses travaux sur les régulateurs des GTPases parus dans Nature entre 1998 et 2003, elle a décrit la structure et les mécanismes d’action d’effecteurs de bactéries pathogènes qui détournent les GTPases des cellules infectées, et élucidé les mécanismes de régulation de facteurs d’échange GDP/GTP impliqués dans des cancers.

Aux Etats-Unis, elle co-dirige l’International Research Project (IRP, ex-LIA) CYLIA, aux côtés de Craig Roy, de l’Université de Yale. Depuis 2014, ils se consacrent à l’analyse des mécanismes cellulaires, biochimiques et structuraux par lesquels des effecteurs de bactéries pathogènes détournent le trafic cellulaire au cours de l’infection. Concrètement, leur collaboration combine des études cellulaires et d’infection in vivo réalisées par le laboratoire Roy, avec des études structurales et l’analyse biochimique de protéines reconstituées dans des membranes artificielles par le laboratoire Cherfils.

En savoir plus